Un paysage avec atelier

« … Si seulement ce n’était qu’une histoire de racines… »

Se noue avec l’âge, se prolonge, use les nuits.

Notre part

: l’obscurité.

Le noir.

L’œuvre au noir.

Foyer.

Fait d’un champ clos le temps du monde.

 

Le loup gris du vieil hiver.

  

Comment revenaient-ils de la traque ?

  

Dans mon souvenir

: la neige.

                  Au plus sombre les oiseaux 

et les arbres

                   grands engriffés.

Neige.

Vent.

Bat l’enseigne de l’auberge.

L’en-signe.

Drôles. 

Drôles jouent sur l’étang gelé.

Neige.

Vent.

  

Temps de massacre.

Temps des innocents.

Temps de tous les temps.

                                           « …Prend le loup gris… »

 

Ton pas mal assuré sur les pavés

Ton

         pas mal assuré

                                   sûr…

Pavés…

Le froid de l’air .

La pierre grise de la cathédrale .

L’inachevé…

 

S’attarde, hésite, exile, annonce les disparitions… 

  

Ce jour

                tu t’arrêtes devant l’édition des poésies de Milosz – photographie jaunie : il est avec Jean de Boschère près d’une volière. Un gros oiseau à leurs pieds. Cette photo.

  

Et le nom d’André Silvaire.

Etrange éclat.

Quel jeu dans le regard ou… dire ?

L’homme.

L’argent.

La voix ne laisse pas de trace… sauf chez  qui l’a entendue.

Mais dans l’hiver qui écoute ?

                 Gérard Fournaison, mars 2008

Une réponse à “Un paysage avec atelier”

  1. Daniel dahl dit :

    qui écoute? Schubert bien sûr! et aussi Hugues Dufourt (belle oeuvre : »les chasseurs dans la neige ») et même Quignard qui écoute la neige fondre…
    salut à toi, Gérard

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