Jean-Luc Lavrille

deuxmilsoixantehuit

 

 

du temps au temps d’os

passa sous l’éponge

passé pavé aux tempes

d’oser parler aux rues

jusqu’au bout de langue

pas de nom l’éve

ne ment la p’ homme

pas de nom

lieu que lieu

lip boulogne billentête en court

bouillon ne ment l’idée

femmes bobineuses à la cave

avec poussières et bobinoirs

deux huit cents nœuds par jour

saint prédicat sujet du verbe &

du complément du commencement

mise en grève cœur

trois heures du mat

la fée

électricité

coupée

deux mille soixante huit personnes

viennent se renseigner tous les jours

plus de sous depuis huit jours je donne du rata

à mes enfants

les hommes restent la nuit

brasero dans la cour de l’usine

verbe commencement d’un commencement

enflammé le discours des brasiers

dans la cour récrée

mot à dire

objet à la production sujet de production

joyeuseté jamais vue

cartes accordéon vivre en semble un désir

coup de tonnerre

f

dans un ciel d’éclairs

oudres

climax

c’est airs

est ce cesse à bout de souffle

noeuclides

quantique baby boo

m

du coran saignant

bloque l’entrée à l’université

ascenseur social

contre mes fesses contremaitre

petit commando

viré par robot

ça leur échappe

terre compromise

qu’on promis bras c’est jeté

contorsion

récupérée

grimaud à son insu

gros mots troupés autour

de paris communes

poitrail nu

mal armé face à

l’armée larvée

escalade des bains de sang

à gros brouillons

colère forcenée

mais à mots mâts os attachés d’ulysses

solitaires solidaires

suite de soixante huit

foudroyant

ça y est archies l’arche

sacrée brisée

là c’est jeté

aux dés

petite causette du peuple

petites graines de grenelles

nouvelles galeries taupes de thionville

textiles joint français faut le clore

le folk

fait vrillé cette amorce cette allumette

une étincelle libre vers

de l’hiver

étudiant

que le mouvement ne s’arrête

jamais mates ni

traques mais morts

Blanchet et Beylot à Sochaux

si chaud

à un cheveu

attaques masse à masse

à la lainière barrissent cardes

des métiers

la bagarre continue faut pas croire

au cœur de la mise en cause

du peu

repeuplé

cavaignac en quarante huit

mondiale crisis

la violence excessive

et la violence non extrême

sont basées sur un calcul goût du ver

mental

circonvolutions

contestataire protestataire

anarchitaire autoritaire

atrabilaire cégétaire

et taire et taire

tête haute

terre terre terre

basse

plage

grève sous les pavés

plus rien n’est pareil

état famille institutions discours

l’Un n’est plus sans dits

tout un peuple discuta

nous l’avons tous dans le coeur

le lendemain du printemps

disjoint plus tard

saint Ouen I wonder what you are

twinckle little star

je rentrerai pas dans cette taule

plan séquence retrouvé fin vingtième

reprise du travail ça coud recoud

recoûte

soudures coupes couplées

Elle : on est de vrais charbonniers

là dedans et on a pas d’eau chaude

c’est pas fini ça toujours été

printed temps cerise

je rentrerai pas dans cette taule

Elle continue

seule

trois semaines gravées

dans la grève          

               Jean-Luc Lavrille

Un grand merci à J.L.L. pour la reprise de cet article. Un « travail en mouvement ». G.F

 

Noël père & fils

marchandise langues je suis un corps je est un corpus qui sort du cul mine au siège mémoires analyses odeurs masses financières des fonds de pensions qui engraissent le ciel  alors lourd de nuées divan vendu rien n’est plus punais que livrée de laquais rétrocalculé incarné virituel échappé à l’emprise des empires entreprises cyprines plumes trempées dans l’encre franchisée exsudée exode des natures encagées nombre pile dans l’espace par classes groupes clans camps cluses combes crêts clubs compagnies communautés  boîtes de nuits escouades escadrilles quadrilles  escadrons chaudrons  cartels holdings sociétés équipes monopoles forteresses forts châteaux coffres forts chars russes charrues devant l’hébreu l’évitent lévitent  sur champs élysées  élevage concentrationnaire carbone quatorze enseigne primate si on s’y met honte au six mai 007 j’aime pas ce bond en arrière ce sérial culeur qui s’arque aussi causeur coprophage culturel embrenneur d’âmes démoncradingue discordeur de violons hébéteur d’athanos débatteur de bretteurs curé du cerf acculé prédateur prêtatout chasseur à courte vue crétineur d’éréthisme cullier  phéronome  de duègnes suintantes de vieux désirs rances pour sa chemise entrouverte au fort de brégançon gènes  du populvoir pouvoir de nuire neurotransmetteur de non désir antioedipe sans plaisir sans fleurs ni péchés ni arbres fruitiers  olfacteur sans lettre sphinge sans énigme  paradis sans souvenirs grand liquidateur de mai soif sans grand huit  buveur d’eau bénite anesthésiste d’idées empuanteur des gènes pour saintes nitouches nicheur prénatal préparateur de sevrages bref  mesquin et petit l’homme providentiel du retour du refoulé au pied et à la lettre  petit doigt sur la couture tout s’abordera dans l’hippopothalamus où hypocampe l’ennui hypogée des vivants mots mis au placard des académismes l’ennui qui ne va pas très bien avec l’amour si tu ne veux voyager habite au moins le quai car il fait d’air 

à bas les sourds dissous les ourdits & orbits

                                           EXTRAIT / JLUC LAVRILLE /2007

deuxmillesoixantehuit  du temps au temps d’os 

passa sous l’éponge passé pavé aux tempes d’oser parler aux rues jusqu’au bout de langue pas de nom l’éve ne ment la p’ homme pas de nom lieu  que lieu lip boulogne billentête en court bouillon ne ment l’idée femmes bobineuses à la cave avec poussières et bobinoirs deux huit cents nœuds par jour saint prédicat sujet du verbe & du complément du commencement mise en grève cœur 

 

trois heures du mat la fée électricité coupée deux mille soixante huit personnes viennent se renseigner tous les jours plus de sous depuis huit jours je donne du rata à mes enfants les hommes restent la nuit brasero dans la cour de l’usine verbe commencement d’un commencement enflammé le discours des brasiers dans la cour  récrée mot à dire objet à la production sujet de production joyeuseté jamais vue 

 

cartes accordéon vivre en semble un désir coup de tonnerre dans un ciel d’éclairs oudres climax c’est airs est ce  cesse à bout de souffle noeuclides quantique baby boo du coran saignant bloque l’entrée à l’université ascenseur social contre mes fesses contremaitre 

 

petit commando viré par robot ça leur échappe terre compromise qu’on promis bras c’est jeté contorsion récupérée grimaud à son insu gros mots troupés autour de paris communes poitrail nu mal armé face à l’armée larvée escalade des bains de sang à gros brouillons colère forcenée 

 

mais à mots mâts os attachés d’ulysses solitaires solidaires suite de soixante huit foudroyant ça y est archies l’arche sacrée brisée là c’est jeté aux dés petite causette du peuple petites graines de grenelles nouvelles galeries de thionville textiles joint français faut le clore le folk fait vrillé cette amorce cette allumette une étincelle libre vers de l’hiver 

 

étudiant que le mouvement ne s’arrête jamais mates ni traques mais morts Blanchet et Bellot à Sochaux si chaud à un cheveu attaques masse à masse à la lainière  barrissent cardes des métiers la bagarre continue faut pas croire au cœur de la mise en cause du peu repeuplé cavaignac en quarante huit mondiale crisis 

 

la violence excessive et la violence non extrême sont basées sur un calcul goût

du ver né mental circonvolutions contestataire protestataire anarchitaire autoritaire  atrabilaire cégétaire et taire et taire tête haute terre terre terre  basse plage grève sous les pavés plus rien n’est pareil état famille institutions discours l’Un n’est plus sans dits                  

 

                               Jean Luc Lavrille avrildeuxmilhuit

 

Jean-Luc Lavrille : Équatorze 

De toutes les phormes pré-tendues « fiXes », le sonn& (qui a une longue histoire) est celle qui a le plus duré (le plus d’urée ?), il est aussi celle qui a le plus varié (la plus avariée ?). Lié aux plus immuables replis, aux concertva-t-ismes les plus froids, il fut aussi le lieu des plus cisifs combats, des plus audacilleuses avancées de l’histoire des phormes. « Sonne-moi ces beaux sonnets » : la formule en échos cascade, de Du Bellay à Jacques Demarcq… & à Jean-Luc Lavrille, qui avec Équatorze, tord le cou à Heredia sur son propre tairain —les Trophées (trop faits ?) y partent en Écharpille ! 

         Coulhurle d’lang soupfflement vertetigecanalYsée (« vers libres ») & irréghurlièrement cgbrisée (« laisses »), ou serreries de « sonnets » —de moins en moins confluormes au mot d’Elle mais troujours identifriables comme Tell, chacune gênerrée par un même accrocstiche—, l’escripthurle tressinghurlière de l’ôteur est une tenthâtive indéfterminiment recommenc’est d’Anna Mnèse [Tmèse ?] d’en lalang : scelle qui est d’en soi-ôtre, scelle qui est d’oùtre-soi, scelle d’en laquelle soi est, même (peu d’être). 

Petit Pou, c’est rêve-heure ! Sismiques échos (répliques…) d’une flu(c-tu)ante & rimbaldienne M(é(moi)r)e (« Un enfant, cependant, patauge… » : I, 4) au point où un mémoi —je-autre— clivé de ses maternels émois, errant sempiternairement en sa matérielle & mémorielle moire, en le vice versa : rêver cible ? les cris t’eurent ! tritures ! Traumas (trop m’a), gnons (bien æncrés) : c’est le con-cours des choses & de l’avie ça, le terre-eau de l’âme&moire, le très-tôt d’où ça peuX —écritrituerie, écritriturire— écrier l’crié d’l’encrier (ça faiX du rien par où ça s’æncre : « Frappons sur papier d’un grand coup dans la c / Hair du verbe échevelé en transit de sens / Élargissons l’événement au fond du noir sa naissance / Saisissons cet air intense qui fit violence et me donna le la » : XII, 11). 

C’est dire que la lêtre y joue, à plein & à lire, son rôle de liaison, de raison, d’a(u)t(on)omisation de l’énoncé (poétic), du discours-toujours-tu-m’intéresses, ainsi rudement noncé : de coups de dé en coups de glotte —Mallarmé lui-même, obstiné sonnettiste devant l’éternel aZur, n’y retrou(v)erait pas ses Biblots ! Lime aux barreaux (« d’aile ivre »), lalettre, donc, le babil (Babel ?) vient à virhurlentes volées de vers à bout de l’unique phorme infiniment labile (label ?), toujours recommencée, comme réensemencée, qui tient (ce qui ne veut pas dire : qui tienne) —ultime mouvant glacis garant tissant, quoi que mourant, raisons & liaisons—, la corrode, la corrompt, de corde en corde, la rompt : comment lire ? arrondir les langu’s ? 

Qu’oùrdir ? D’une haute quinte essence de Poësie (basroc : « De mourir sans mort on vit sans vie un long naufrage » : I, 3), on glisse, Rat d’eau médusé, d’écœuil en équeils (de teXte), de rapides en maelstroms (d’langu’), à de plus contemporaines références —plus antiques à la fois (Du Bellay / Denis Roche : « …ville louve les mains basses » : II, 5). Cruelle ou crue telle verlainienne rêverie d’appasrition / dYsparition (XIII, 1) & autres ariettes oùbliées où crues telles comme autant de (femmeuses) gorgées de poison. Bref : une saison en Enfer —qui est moi-autres autant qu’oùtre-soi

Ou encorps : une géopolYtique de l’en-deçà de soi (« Suspecte chine intérieure / Organisant la rapine / Large d’un Tibet mental » : XIII, 13)…

Ça ne veuX pas rien d’ire : je y est ! je y est troujours !…

                                        Jean-Pierre Bobillot

 

Cher Jean-Luc,

      L’informatique est décidément incompréhensible et les machines n’en font qu’à leur tête. D’ailleurs elles n’ont pas de tête et elles sont inadmissibles. Je n’avais joint à mon  message qu’un seul document.

 Le voici au complet :

 Note sur Jean-Luc Lavrille.

    Jean-Luc Lavrille est né en 1952 sur les bords de la Loire, dont nous avons appris qu¹il est, de tous les fleuves de l¹hexagone, celui qui est à la fois le plus long et le moins prévisible. Il a aujourd¹hui derrière lui une oeuvre considérable. Longtemps ses textes  circulèrent sous le manteau (par exemple In causa venenum, en 1984)? ou bien dans les livraisons de Tartalacrème, dont il devint (grâce à Jacques Demarcq qui nous le fit découvrir) un des auteurs majeurs. Plusieurs de ses longs poèmes y furent publiés en feuilleton : L’âme de fonds (1981), Laidies stances (1982), Appris voisée (1982-1983), Trait Port Trait (1984), ainsi qu¹un extrait de Carbone 14 (1986). 

   Depuis une dizaine d¹années, lectures publiques et livres se succèdent : Dix vagues (1994), Pèlerins Tourniquets (1996), Langue de feu (1999), Fièvre vrillée /Faits vrillés (2002), aux éditions G&g (animées par Gérard Fournaison) ; Hurraman Scriptu (2005), aux éditions Tarabuste (lire le commentaire qui a été mis en ligne sur le site de Pierre Le Pillouër : www.sitaudis.com) ; enfin cette impressionnante somme poétique que constitue Equatorze, publié en 2006 par Voix éditions (dans la collection dirigée par Alain Helissen)? où le cadre formel (quatorze séries de quatorze sonnets acrostiches, épelant quelque nom essentiel) loin de restreindre le discours, le multiplie, dans un espace ouvert où  » le rythme sans trêve  » rebondit sur lui-même et s¹emballe dans  » un ordre imprévisible  » ? non un désordre ? et pour l¹invention d¹une subjectivité nouvelle, d¹un nouvel échange entre je et le monde.    Écrire sur Jean-Luc Lavrille n¹est pas facile. La nature même de sa poésie décourage à l¹avance tout discours qui entendrait la justifier, en venir à bout et en quelque sorte la clore.  » Le poète n¹a pas de compte à rendre « , disait déjà Victor Hugo (en 1829). Et Tzara :  » L¹art est une chose privée.  » La nécessité à laquelle répond Lavrille en écrivant s¹affiche en effet comme une nécessité d¹ordre privé, qui d¹abord ne regarde que lui. Il nous prévient :  » Je parle franc plus que français. «   Car son écriture (cette manière si particulière de recopier la langue ? la nôtre ? et la culture que cette langue charrie :  » ? et je m¹en vers de si do la pareil allah? « ) est pour lui la seule issue, la seule réponse possible aux heurts et aux accidents du réel (l¹impossible autobiographie). Nul se saurait conclure à sa place, énoncer un sens global et définitivement intelligible, arrêter ce que lui-même obstinément refuse d¹arrêter.

Vous aurez compris que Jean-Luc Lavrille n¹est pas un homme de communication. 

   N¹applique pas un programme. N¹entend pas imposer à son lecteur (et de quel droit  le ferait-il ?) quelque vision du monde que ce soit ni lui apprendre comment il faut écrire, comment il faut penser. Sa violence est sans arrogance. Mais s¹il est impossible de rendre compte de son texte, rien de plus facile que de le lire ? à condition que ce soit à la lettre près : il suffit d¹être prêt à tout (chaque nouvelle syllabe est un événement imprévisible) et de se laisser porter et emporter par la rauque diction, comme d¹une phrase toujours ouverte, qui se poursuit, interminablement, recto tono, sans temps mort, comme sans inutile gesticulation. 

Dis-moi si tu arrives à le lire. 

Je t’embrasse 

Alain 

(Un grand merci à www.sitaudis.com/ et Alain Frontier qui ont autorisé la reproduction de cet article)

 

TU PARLES ZOZOTTE’S CHWAE SUR LA LANGUE

 

 

Il est beau certes, d’avoir part à la philosophie aussi longtemps qu’elle favorise l’éducation, et philosopher n’est pas honteux pour un adolescent. Mais lorsque l’homme plus âgé philosophe encore, Socrate, la chose devient risible et, quant à moi, [485b] j’éprouve à l’égard de ceux qui philosophent quelque chose de tout à fait semblable à ce que j’éprouve à l’égard de ceux qui zozotent et s’amusent comme des gosses. En effet, autant, quand je vois un bambin à qui il convient encore de s’exprimer ainsi, zozoter et s’amuser, j’y prends plaisir, et cela me paraît de bon ton, digne d’un homme libre et convenant à l’âge du bambin, autant, quand j’entends un jeune enfant s’exprimer clairement, ça me paraît avoir quelque chose d’odieux, ça importune mes oreilles et me paraît le fait d’un esclave ; autant encore, quand [485c] on entends un homme zozoter ou qu’on le voit s’amuser comme un gosse, ça paraît risible, indigne d’un homme et digne de coups de fouet.
Et c’est exactement ce que, pour ma part, j’éprouve à l’égard de ceux qui philosophent. De la part d’un jeune adolescent, j’apprécie certes qu’il s’occupe de philosophie, cela me paraît convenir et je considère qu’un tel homme est un homme libre, alors que celui qui ne philosophe pas n’est pas un homme libre et ne se jugera jamais digne de quoi que ce soit de beau et de
[485d] noble ; mais quand je vois un homme d’âge encore en train de philosopher sans fin, un tel homme, Socrate, me paraît alors mériter des coups de fouet. Car, comme je le disais tout à l’heure, il en résulte pour cet homme, d’aussi bonne nature soit-il, qu’il deviendra indigne d’être appelé un homme, fuyant les centres des villes et les places publiques, dans lesquelles le poète dit que «  les hommes deviennent illustres«  (11), terré pour vivre le reste de sa vie en marmonnant dans un coin au milieu de trois ou [485e] quatre adolescents, sans jamais faire entendre une parole libre, grande et pertinente.
Moi du moins, Socrate, je me comporte à ton égard d’une manière tout à fait amicale ; je risque donc d’éprouver maintenant la même chose que Zéthos pour l’Amphion d’Euripide
(10), que j’évoquais à l’instant. Et en effet, il me vient l’envie de te dire les mêmes choses que celui-là disait à son frère, que «  tu laisses sans soins « , Socrate, ce dont il faut que tu prennes soin, que tu pervertis «  la nature si noble de ton âme [486a]par un dehors puéril « , que, dans les assemblées de justice, tu ne saurais prononcer correctement un discours, ni atteindre au vraisemblable et au persuasif, ni «  prendre une décision énergique dans l’intérêt de quelqu’un d’autre « . Mais quoi ! mon cher Socrate, – et ne sois pas irrité contre moi, je te parle par bienveillance – ne te paraît-il pas honteux d’être tel qu’il me semble que tu es, toi et tous les autres qui poussent toujours plus avant la philosophie.

 

QUATRIEME DE COUVERTURE  POUR  EQUATORZE 

 Une lettre a bouleversé une existence. Son auteur a reçu une réponse sous la forme d’un poème, un sonnet, avec acrostiche, suggéré par les 14 lettres qu’égrènent ce nom et ce prénom. Ce nombre est aussi celui d’une date de naissance. 

Désarroi et jubilation s’allient pour décider que cette forme ‘sonnet’ peut être multipliée, prête à s’emballer : quatorze sonnets pour quatorze séries. D’autant que chaque série déploierait un faisceau de sens propre, ou thème, signalé par l’acrostiche ainsi que ses propres combinatoires. L’enjeu est une renaissance : celle des souvenirs et leur négatif opératoire sur les lieux temporels qu’ils hantent et celle de leur forme ‘sonnet’ corsetée -décorsetée  entée par l’acrostiche mémoire du désir. Leur conflit qu’impose toute autobiographie, tiraillée entre l’illusion objective du récit et le lyrisme du discours, dégage peu à peu un autre enjeu : une subjectivité sortie du fantasme s’invente dans  l’échange entre je qui devient il et le monde qui se réorganise sur une ligne, l’Equateur , où s’inversent gravitation et lumière. Par le chiffrage du Désir et sa tension dans la langue ainsi triturée, une voie d’accès au Réel s’ouvre afin de l’accepter.

 

NOUVEAU !

 

Vient de paraître

Aux éditions VOIX (collection Vents contraires)

 

J. Luc LAVRILLE

«  E Q U A T O R Z E  » (198 pages)

 

dans toutes les bonnes librairies

ou commande à :Alain Helissen

53 rue de l’Entente 57400 Sarrebourg

( prix : 22€ )

 

 

a thée                                                 ur

banissement

a thée                                                réverbérants

fantosmes du vent

ô té                                                    rêvant

l’errance

                                                         qui n’a d’air

ô té                                                   que le temps

thé o                                                 des mots

hurle lissant le sens

thé o                                                 sans qu’à mi

mots mis à malphabètes

débandelettes ce que l’être peut squelette

i dée                                                  cadenacé

qu’à demi des mots critiques

i dée                                                  qu’a de

navré l’hymne manant démocratique

de o

de o

aux dés

aux dés

dés joués

dé joué

o sez

o sez

zé ro

zé ro

mi cro

mi cro

autre dé

joué

jeté haut o

je t’ai eu u

aux dés

aidez aidez

cet astéroïde poreux à exploser

en pleine course vers la terre

ce qu’en puits de sens qu’en conscience

transes tressauts tresses & détresses

le son saute

les lignes

et les gants courts tissés

jetés aux dés

courtisés

idées attisées chauffées aux blancs

portées sur phrases s’amusent y calant

fond fut il mené en bas

s’y fit tôt mouche comme coche

choc car rond dans l’eau

mène sa barque à coups d’épée

jamais cyprés cimetières

séjour sombre né entre

néant et qui lui

fait de

l’ombre rose

l’as sas ligne rosace

explose

l’âme hélas la

mélasse

mine déterrée déterminée déminée

déflorée dépotée décapotée dégiroflée

détachée détachetée dégagée

délestée détestée décidée décédée

déménagée débarquée déboussolée

déambulée débranchée débauchée

déballée débaclée débaptisée décriminalisée

¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

sens

trouéénergie noire

fait qu’onde de choc

pierres grosses comme grosses pierres

de mars

plumé phénomène phonème

mène à faux même aphone

phonaisons permanentes

fêtes liesses pensent hors saison

les bourgeons

pense mon corps je pense le dit

pense sent sait

vasavoir

varsovie ce que penser veut dire et le dit

c’est-à-dire

nulle part

mais comment faire croire au bloc de glace devant

à ceux qui lampent champagne pendant ?

retourner les pensées

n’iront pas mieux à la main comme un gant

trav j’ en tr vail au tr vers

d’autres

néoman néaumur né à sauve né à sauvagères

langue vitesse esprit grenouille escalier

bien joué mal joué pas joué

spectacle permanent tous les jours

bien sûr mal sûr pas sûr

chose sûre à son pied : la mort

seconde chaussure : ma mort

avant pendant après

pense sent sait

penser soulage

nommer soulage

guillemets

saoûlent

ça s’emballe t’as pas l’sas

en balles bases pétards

pétales poudres

pouvoirs

jeveux sur langue

émécher

la mèche est dite

la vrille sujet infini

énergie renoulovable

cause du nom

roses à Rozières

nom de la cause

in causa venenum

pas de roses à Rozières

osier moquer mots clé

faut en planter

baptême du nulle part en langue du réel

son réel de langues

limon arqué aux logiques

étymons

le vrille

sulcatures plissures nervures romulures

charrues devant l’hébreu

romaines commissures

lèvres amoureuses d’un discours du fragment

la chance lui sourit comme la joconde

souriante langue quête s’oriente

l’orant le magnétique

bascule plein sud sur

fuseau oral

et réchauffement affectant l’épaule

bassins bras de mer et fronts

pieds des arbres et têtes

ventres entrailles gorges profondes

et poumon de la terre

cœur des océans

ni loup ni homme ni dieu ni femme ni lapin

ni l’happyness

une hutte fume

s’entasse au fond une

pile de crânes

quatre cents mètres sous niveau

démocritique poche de mort

proche de mots

saut critique

momies aux lèvres de singes

langées bitume et poix

sevrées de linges

récoltes sur rives mortes

ni fleurir houris ni souris

des salés des salaires

rires à mort tisseurs tracés

et terrassés

mérindiens

une voix

off

traduit

poursuit

poussières et suies

l’image

soudain

offre

tel autre visage

de la

diphtonguïté sexuelle

tu lui fais confluence ?

posseïdons la mer les chapitres d’un réci

f

cale tambour fanfare ronronne sur le pont

n’a vire que lâche île

tourné grand l’art

ge

détalons foulons lièvres soulevons

h

ors bord les fièvres épousant et poussant

i

mageries conniventes fibrilles fébriles

j’entretisse icelles taille cris d’air la

k

ricature travrillée en évents critères d’he

lice

forme mixte fixe morte part ici

morne plaine née sens d’Eva

n

aisance pour des salés des salaires ni

ot natta

mélo vous mots mélés vélos à la bouche

pas

trop pieds sapeurs est ce trop fait sérieux

quilleurs scriptaux crise terre d’écritures

camelottées il pleut depluies l’ six mai

il a plu il pleut

où sont souvenirs écrans passés

où les pluies dans mon cœur d’antan

zélus zélés ptites ailes

cas récent

iréniques mémorescences

main ténue tenant

ironique ionique présent

caressant détenant néant

radlo iode radio

vichy saintestin bulles

détonnantes

gaz bionique

détente sous terre

vol clanique

faits sauts dans l’ovide

méthanes morne fosse

roches fusions fusées

dits c’est dissequer

séquences ciels c’est quand qu’on dit

sec

que se dit flux sociaux se diffusent

sens

infuse la scie

pris on en piège

vlà lproblème bl

on le ressoude

évidemment vidant qu’on

je

d’accrords

foudres

détournées

on va résoudre

soudre l’apesanteur

ce débat là

déballage de senteurs

doré navrant

bienmaldi

bandits après

happés

huppée cette nanarection

d’aimants

pôles

déments

tellement

télé spectracle

viol volant

permanent paressens paresseux

lustre

lastré

si c’était niais c’était nié

s’éteignait l’agent secret des lettres

l’oral dans l’écrit

temps de chien au travail

après si

onapprécie

bouc et misère

bouquet mystère

s’écrit sert

gémis

à mettre la gomme

aïeux adieux

l’art pèche

dégamme

porte ses fruits dans le

vers

naissance aérienne aventure ouverture

adolescence lapin

turbullance

encore naitre mais

pieds sur terre

vers à soi même

corps propre linge

happe parents dislocataires

rapport à eux porté

ancien sketch censure et scotch

sans tasse de thé

apéros hoquets sanglés

tous en ce sac à dés

mots muets

perrroquets

dépassé le stade oral quand paulette jarry

m’a doublé de son guidon de petite reine guidant le vent soulevant ses

jupes en selle oserai je demain oserai

je sonnette sans sonnet traqué déchainé

à la recherche du col perdu

mais quoi fortune du bon retour

ob victoriam

n’incestons pas sur ce sujet sans grammaire

qui n’est pas sans fantasme

enfantasmez vous quidisaient

quidams damez le pion à la reine

etc fous volants

fin des vestales et des vespas

c’est en pire

ahans scripturluraires

ces feuilletons décérébrants

vrais guêpiers

nouveau sahel (rivage)

je est un hôte

fils du père noël

côte équatoriale

instabilité sismique

ainsi parle le transpondeur

compenseur de différentiels temporels

car implosion probable d’antimatière

technologies de distorsion temporelle activées

rayons tracteurs &

modulateurs d’amplitude

mais

danger d’accélération des fonctions métaboliques

tout cela peut être insuffisant pour quitter l’attraction de l’orbite

alerte rouge

un gradian gravimétrique attire toujours vers cette planète

mon hologramme nous prévient

fait de photons et de champs de force

il disparaît

ses derniers mots

ne pas consommer le fruit du feu

tant que nous sommes en orbite synchrone

un champ de particules subspatiales relie les

deux pôles

et crée ré ion équatorial

un troisième pôle qui perturbe

le champ gravitationnel

transition perdue de cette trame temporelle

environ trente trois secondes

lecture de ces lignes (ou linges)

égale cinquante cinq années terrestres

ainsi nu

un moche coup

insinue

l’enfant mu

bobine

dans ces pétronymes gravés

LM 1PRG CBB

LA 1 PD OQ LÉOVC

trouvant saussure à leurs pieds

devers :

SC

APL BNI

LÉOVC

SUITπ

SIL A V T CD ?

πRO S Oφ 1I

bibles creuses lovant des crotales

mayas travers

filent à

secrètent transes

crêts de sens

quand

absences

mots laïcs

mosaïques

sans crêtes

en chaînes les pays tremblent

hors bords peu pliés

plats tannés boulottés

tilleulés

acaciés

ris à contre temps

l’arbre secret

trahit la forée

sens purgé

l’énigme sans filet

chant rames papier

plate forme

pétroleuse idée

lame de fonds

les sanglants lents

violents demains

qui chantent

le printemps

incidents dissidents

acides ça nous sourit

jaune

derniers mots aidant

le un se divise toujours en dieux

ma cabbale au canada

si vite va la langue

autant en importe

l’oeufant

comme papadansmaman

arque

maturation arctique

au livre reprend sa place

est ce

cercle des polaires disparus

grimace

pertubation

perthuis

antique malbiendire

l’écrire brouille

et broutilles

art rouge cocarracole à

noel opère en couleur

ce 23 décembre 51

brûlé

des dizaines d’enfants dansant

dijonais autour son bûcher

hottes et bûches de cheminée

phénix des lettres

conduit tunnel

de vérité

trois jours après

mythe ressuscité

de Kirr arrosé

moine liquoriste

livré aux moutardes

montées aux nez

créneaux langue chanoinée

et rigoriste pensée

bougresse rabougrie, va !

ça conserve met en boîte

en pots bocaux locaux

gens en morceaux

et bon vent mauvais se vend

autre : 1924

vladimirovitchs tous enfants de lénine

ah tzahira trahira

tristins orphelins léonins

russes du père

et boycheviks

autre :1946

camus publiant en pleine peste

tels feuillets d’hypnos

char devant charrue

charrue devant l’hebreu

alphabet postal

tous deux pleurant de stael

or

cinquième saison le feu

dada sous la dent

lève la lèvre

sur la dent

la langue encore

empire du milieu

versée au dos

scié

dédiducasse

ces

jardins ouvriers

changent d’étique d’étiquette et de quête

en liens et lieux de drague

qu’est ce qui faut mettre ?

le pis

le pifomètre

l’art brouille l’horizon

osiris qu’il dégage

était il lustré ?

d’aucun i

mage

i

cône

comme pluie sur plumes

faut personnaliser sa soupe !

il dit faire

canards

comme

personne perce et sonne

la vrille

lucifer dut s’y faire

frère de ceux qui oeu

et pis

vrent

plus tôt l’errant

plus tard l’orant

héros

métis saison

traits du temps

marque l’ange

des cavernes

crevasses écrevisses

flou floué

ailes aux angles

foulés

aux pieds de l’age

exit stance

flux tendu

texte titraillédes jours

loques des chiffres

laquais

affaires deu milieu

des affaires fossé en entre jambes

prises au cou du jeu

sexu

les locaux motivent

raillent les mots ivres

linge lavé en femmille

pas une corde

pour étendre ma chemise

–toi tu peux pas capturer de licornes

aucune n’est si

presse yeux à mon

grré

tigresse d’hircanie leurrée

ses poetits enlevés

en un miroir

et panthère triomphant de ses ennemis

enivrés par ses effluves

disque pâle glacé

de nuage en nuage

la reverdie féerie

de mai

des source d’eau douce

puits de la mer

gouffre du monde

calamité un bossu

calomniant le verbe

se crée secret beau sucre dans mon café

ça cadeau sec

cale amitié

à dos de langue

casse le calame

l’amphétamine

en fait à mi voix ta mine en terre

glisse quark proton

un tout trope different

de ses éléments

assommant

le monstre se releva

debout sur ses carpathes

il condracula

l’ottoman

ses piques acérées

aux carpathes du royaume

transylvanié

le voyageur

égaré évrosé

par tant de hurlements

si le livre

marche

mal

c’est le lecteur

qui trav

vail que vaille

mal

la grive remonte

du souvenir

de la grève

                     Jean Luc Lavrilleété 2007

 

l’un seul dit vise en dieu

lattrinité vide

ange

opéra

ration

savoir

risée de théo

le sable oùbliant

ses traces  (à suivre)

                                                        

                              d’ELLIRVAL   

                                                     2  janvier  2008

et son char le magne étique don

sans forme chloro file à la patte

re

louquée

                 Jean Luc Lavrille

 

 

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